28/10/2012

Changement d'adresse

Salut,

Titanecdote a déménagé à l'adresse suivante :

http://titanecdote.wordpress.com

Alors n'hésitez pas à m'y retrouver et à enfin laisser des commentaires.

Bises et à très vite.

Spiderman, mon sauveur !


« Bonjour Monsieur Spiderman, je m’appelle Titane, je n’ai plus cinq ans et demi et j’aimerais savoir comment on fait pour tisser une belle toile d’araignée. Merci ».

Spiderman : Bonjour Titane. Alors sache que je suis très content que tu me poses cette question parce que tisser un grand réseau de fils est un travail qui demande de la méthode, de l’entrainement et de la persévérance.
Pour commencer, il faut sortir de chez toi. Etre un peu ambitieux sur la dimension de ta toile. En restant dans ta chambre, tu t’apercevras bien vite qu’elle ne prendra pas la dimension nécessaire. De plus, elle manquera d’air et de quelques intempéries qui ne feront que la renforcer. Alors, premier conseil : sors.

Ensuite, tu commenceras par un quartier que tu connais assez bien, dans lequel tu sais que tes fils seront assez solides. Moi j’aimais bien, au début, tisser des toiles près des maisons de mes amis. Je me sentais rassuré.

Et puis au fur et à mesure, tu prendras confiance et tu t’apercevras très vite que des éléments extérieurs t’aideront à consolider et à améliorer l’étendue et la qualité de ta toile. N’hésite pas à les utiliser, même si tu ne connais pas bien leur origine. Le hasard fait souvent bien les choses. Peut-être même que tu deviendras un peu plus culottée, si je puis me permettre l’expression ! Tu n’imagines pas ce que ça a été pour moi de créer un immense réseau de fils depuis le sommet de l’Empire State Building ! Il m’en a fallu du courage pour aller au-devant de cette aventure. J’ai pris des risques – cela faisait seulement quelques semaines que j’avais commencé à tisser ! – mais j’ai été récompensé.

Ensuite, il te faudra apprendre à consolider ta toile. Tu dois toujours garder à l’esprit que l’entretien reste le maître-mot de la longévité. N’abandonne pas ton ouvrage en cours de route. Tu serais déçue. Au contraire, renforce-le, prolonge-le. Et même si on te dit souvent le contraire, peut-être que tu te mettras à partager d’autres toiles, que l’on acceptera que tu passes par d’autres réseaux de fils qui ne sont pas les tiens. Tu auras ainsi l’occasion d’observer le travail des autres et de t’approprier de nouvelles techniques, de nouvelles matières.

C’est à ce moment-là que ton travail de tisseuse sera reconnu. Et tu pourras enfin cueillir les fruits de ton travail. Alors, hop, hop, hop, trêve de bavardages, on se met au boulot !

27/09/2012

Angle d'attaque n°2


Ca f’sait déjà une paye que je battais des ailes sur ce foutu toit. Heureusement qu’il n’était pas trop haut pour que je puisse y hisser ma vieille carcasse. Quand je pense à la vie que j’aurais pu mener si ces cons d’êtres humains n’avaient pas dégueulassé leurs sols avec leurs foutus pesticides.

Et me voilà aujourd’hui, à Amsterdam, à tenter de rouler ma bosse au milieu de ces jeunes piafs, toujours prêts à quémander des miettes de leur bouffe infâme. Y a pas idée d’ingurgiter des trucs aussi infects. Pizzas, hamburgers, frittes huileuses dégoulinantes. C’est pas dieu possible, on a l’impression de bouffer la Mer morte quand on les gobe. Si vous cherchez des fruits frais, oubliez, même les feuilles d’arbres sont contaminées. 

Le problème, c’est qu’au bout d’un moment, t’y coupe pas. T’as la dalle et faut bien que tu survives. Alors tu fais comme ces crétins à deux pattes. Tu plonges dans la junk-food. Tu m’étonnes qu’ils soient gras à 40 ans. Y a qu’à voir ce que je suis devenu. Je suis au bord de la crise cardiaque. J’ai les muscles avachis et le plumage décrépit.

J’ose même pas me présenter face à une donzelle. Elle va penser quoi à votre avis ? Que je suis juste une grosse volaille libidineuse, à peine capable de becqueter un mets plus délicat qu’une cuisse de poulet grillée. Vous vous rendez compte à quoi on est réduit ? On bouffe presque nos congénères. Quand j’y pense j’ai des envies de vengeance. J’vais pas refaire la scène des Oiseaux. A moi tout seul, je ressemblerais plus à un pachyderme au ralentis tentant d’effectuer un triple Lutz piqué.

Et vous savez ce que ça fait cette pitance atroce sur un organisme de volatile innocent ? Ça lui pète les entrailles. Ça lui colle une chtouille immonde qui révulserait les yeux des guerriers les plus aguerris. Je vous assure que le bide d’un pigeon à Amsterdam, c’est pire que le tremblement de terre provoquant une explosion à Fukushima.

Alors forcément, face à cette injustice et cette violence imposées aux animaux (parce que je ne vous parle pas de mes copains les rats ou de ces grosses coquines de mouettes), on développe des idées. On fomente des stratagèmes, on calcule, on ressasse. En écoutant les borborygmes de sa bidoche, on devient pervers, on s’encanaille.

Et soudain, elle est apparue. Elle avait pourtant l’air sympa avec son béret noir, son pull noir. Sobre, assez nature. J’aurais pu avoir pitié. J’aurais pu me mettre à sa place. Si ça tombe, c’était une défenseuse des animaux, une amoureuse de la bouffe fraîche.

Mais non, le ressentiment était trop fort. Il fallait frapper à l’aveugle, à la terroriste. A bas les innocents. Pas de pitié. Alors je me suis installé confortablement au bord du toit. J’ai attendu, patiemment, qu’elle ressorte de ce magasin d’fripes. La douleur était là, mais je savais que ça allait sortir. Le soulagement ne serait que meilleur.

Et quand j’ai aperçu le haut de son couvre-chef, j’ai largué les bombes. Je rendais justice à ma famille, à ma race. Jouissance absolue. Elle en avait de la tête jusqu’au bout du bras. Mission accomplie. La bidoche vide et l’esprit léger, j’ai pu retourner à mes occupations favorites. Roucouler… et bouffer.

Angle d'attaque n°1


Je suis sortie du magasin de fripes. Un pigeon obèse m’a chié dessus. Con de pigeon.

02/09/2012

Et après, on dira que...


Ce matin quand le réveil a sonné à huit heures, j'ai soudainement bondi comme une furie, prête à prendre ma douche en quatrième vitesse, hurlant à tous vents : « P... je suis à la bourre, mais mince quelle andouille, je vais être en retard. » Réponse de l'amoureux : « Mais pourquoi ? ». Moi : « Ben c'est ma pré-rentrée, je prends à neuf heures, roooh zuute... ». Lui encore, voix ensommeillée : « On est dimanche, c'est moi qui doit me lever, pas toi. » Soulagement, retour dans le lit chaud comme si c'était la dernière merveille du monde, le cocon et la douceur absolue, comme dans les pubs, sourire de satisfaction accroché aux oreilles !

         « Chérie, j'ai enfin trouvé pourquoi Einstein n'avait pas tout à fait raison dans sa théorie de la relativité. Ma découverte va changer la face des sciences. Dieu sait que j'en ai passé du temps sur cette recherche ! Mes efforts sont enfin récompensés ! Les étudiants vont m'aduler à présent. » « Oui mon chéri, dors. Tu as juste fait un autre rêve comme durant toute la semaine. N'oublie pas, ce n'est que demain la rentrée et le laboratoire du lycée n'est pas encore réparé. Allez dors. »

         Cri dans la nuit,  main à la gorge, yeux exorbités, sueurs froides. Une impression fugace d'avoir perdu toute son énergie. « Que se passe-t-il mon amour ? ». « Ils m'ont encore trouvé, vérifie s'il te plaît, je suis sûre qu'ils ont encore atteint leur but. Et leurs yeux, si tu avais vu leurs yeux. Et ce teint livide, morts mais vivants. », « Écoute, il faut quand même que tu parviennes à t'apaiser par rapport à ça. Je te le redis : tu n'as aucune marque dans le cou. Tes élèves ne sont pas des vampires. »

         « Et donc, là, l'élève m'a répondu : « Et la vieille, si tu me lâchais un peu. » [blabla]. Je te raconte pas comment le cours de mon collègue s'est déroulé. Un flop complet, toujours à cause de Chaprot. Mais on ne peut pas le virer du collège parce que sinon il n'a plus aucun établissement où aller...[blabla] Et le principal m'a affirmé que …[blabla] Parce que d'un autre côté, je crains qu'ils n'aient pas le niveau pour comprendre cette œuvre...[blabla]. Pourtant j'ai passé du temps sur la préparation, mais ils ne s'intéressaient à rien, j'avais l'impression de parler dans le vide, tu sais comme quand [blabla] ». « D'accord ma chérie, mais si tu me laissais le temps d'accrocher mon manteau, de m'asseoir, de t'embrasser, avant de me raconter ta journée au collège, hein ? Si tu décrochais quand tu rentres à la maison ? Non ? »

         « Tiens, ça me fait penser à mon élève Chaprot, tu sais celui dont je t'ai parlé. La fois où il a dessiné ce magnifique paysage, tu sais, je t'en avais parlé. Qu'est-ce qu'il était doué, je vais le regretter. ». « Oui, mais là, tu es sur une île de la Méditerranée, pendant les vacances, avec ta famille, tes amis. Alors oui, la mer est belle mais je ne vois pas en quoi elle peut te rappeler un de tes élèves qui avait dessiné ses vacances dans les Alpes. »

         Je ne comprends pas. J'ai mal à la gorge, je dors mal, je me sens faible. J'ai le crâne en vrac, j'ai mal au ventre. Je respire pas très bien. J'ai des angoisses, je fais des cauchemars. Qu'est-ce qui m'arrive ? Pourtant les vacances étaient bien, je devrais être en forme. « Non, tu ne peux pas être en forme parce que dans une semaine, c'est la rentrée ! ». Argument implacable.

         Et après, on dira que les profs ne sont pas sérieux, qu'ils ne prennent pas leur boulot à cœur et qu'ils font toujours ça en dilettante. 





07/08/2012

WOT... je te hais

Cette chronique s’adresse aux dizaines de milliers de jeunes femmes, moins jeunes femmes, mères de famille débordées qui ont chez elles un énergumène de type masculin qui a eu la bonne idée, un jour, de découvrir un jeu « massivement multi-joueurs » prénommé délicatement WORLD OF TANKS, WOT pour les intimes. Avec l’abréviation, ça fait presque nom de dieu viking, mais que nenni, ce sont juste des tanks qui se tirent dessus. Le tout ponctué de phrases récurrentes : « Pan dans les dents ; celui-là ne l’a pas percé ; il n’a pas pénétré le blindage ; c’est tombé juste à côté ». Vous avez tout de même la possibilité de changer la langue ce qui laisse parfois croire que votre partenaire est devenu multilingue : « Let’s get the show on the road !» Yes, trop classe. Ça donne presque envie de se trémousser sur un dancefloor. Sans parler des discussions au casque entre joueurs qui vous donnent presque l’impression de participer à un dialogue de sourd puisque vous ne savez jamais tout à fait à qui s’adresse l’élu de votre cœur. Pour vous amuser, vous tentez d’ailleurs subrepticement d’insérer des affirmations n’ayant aucun rapport avec leur conversation afin de brouiller la concentration du joueur sur canapé. 

Un jeu donc qui, il faut bien le dire, finira forcément par vous taper sur les nerfs, même si vous essayez régulièrement de vous persuader que ça a des bons côtés. Pendant ce temps, vous pouvez vous entraîner au strip-tease sans être dérangée par un homme en rut, il ne remarque pas vos déhanchements ; vous pouvez tout aussi bien faire le mur du lit conjugal puisque de toute façon, il est vide jusqu’à deux heures du mat ; c’est en général le moment où vous pouvez appeler vos copines pendant deux heures au téléphone et vous épancher sur votre malheur sans être interrompue ; mais vous avez aussi du temps pour créer, vous manucurer ou tout simplement écrire une chronique sur le jeu de malheur qui a fait éruption dans votre vie sans que vous l’ayez invité. Mais toutes ces alternatives ne comblent pas la colère sourde qui gronde dans votre esprit.

Non, parce que ce jeu est chronophage (oubliez les soirées en amoureux), addictif (à partir du moment où le jeu est pratiqué tous les soirs, tous les jours et jusque tard dans la nuit, on doit pouvoir parler d’addiction, non ?) et surtout il entraîne une apathie qui laisse songeur et perplexe. Pendant tout ce temps passé à jouer, vous auriez pu passer une soirée agréable, aller au cinéma, jouer à des jeux DE SOCIETE, faire plein de gros câlins, sortir vous balader, prendre l’air, inventer une vie originale à deux. 

Alors je m’adresse à présent au concepteur de ce jeu maudit. Toi, oui toi, petit concepteur de mes deux sache que si par cas je te croise dans la rue, par le plus grand des hasards que peut parfois procurer la vie, sache que je ne t’épargnerai pas. Où que tu sois, tes nuits seront désormais sans repos pour compenser mes heures d’attente dans le lit froid. N’oublie pas que le nombre de femmes bafouées augmente quotidiennement. Ta vie pourrait devenir un cauchemar plus grand encore que le récit atroce et sublime des Chants de Maldoror. Nous te traquerons dans les recoins les plus profonds de la planète. Notre hargne est sans limite. Nous t’exécrons, nous te conchions. Notre colère n’a de limite que l’amour que nous portons à notre homme. Mais ne l’oublie pas, petit concepteur, surtout ne l’oublie pas : NOUS SOMMES LEGION.
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